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« Django » libère le cow-boy noir

Tarantino dépoussière le film de cow-boy avec « Django Unchained ». C’est  un hommage aux westerns spaghettis ; mais surtout une critique sur l‘esclavage. Un thème trop souvent ignoré par Hollywood.

DJango-Unchained-Promo-Poster

« La scène avec les blancs cagoulés était énorme » (Thomas, étudiant, 21ans).

« Django Unchained » est une grande aventure de l’ouest.  Mais au-delà des personnages authentiques et des grands panoramas américains, le scenario parle de sujets dramatiques, comme l’esclavage et le racisme. Des scènes montrent explicitement des violences raciales et le langage y est politiquement incorrect. Néanmoins, le spectateur observe le film avec un œil curieux, un regard critique sur les erreurs du passé. « Django Unchained » cumule les insultes et les occasions de rabaisser l’homme noir, mais toujours avec ironie et tristesse.

Django-Unchained-poster-by-Federico-MancosuLe cinéma semble abandonné comme un sordide village mexicain. Le froid et la neige ont sûrement eut raison du public parisien. Puis sonne 21h et une file d’attente se forme. A l’intérieur, la salle se remplit en dix minutes. Un silence de plomb s’installe quand résonne les premiers coups de feu. « Django Unchained » commence, ainsi que le voyage dans le temps. Le western était un genre populaire dans les années 50. Mais ces histoires d’aventures n’ont plus trouvé de public avec la modernisation de notre monde et de nos mœurs. En 2010, « True Grit »  redonne du souffle au genre. En 2013, Tarantino offre aux spectateurs un western modernisé. Pendant trois heures, le public est absorbé par cet ovni cinématographique, comme le réalisateur de « Pulp Fiction » et  « Kill Bill » sait inventer.

Django (Jamie Foxx), l’esclave libéré, part à la recherche de sa femme, vendue à Calvin Candy (Leornardo DiCaprio), un esclavagiste et organisateur de combats de noirs. Et c’est sur une musique d’Ennio Morricone, 2Pac et James Brown que Django descend des bandits et fait justice. Le film alterne les scènes d’action épiques et les scènes intenses de dialogues.

Le sud, frontière de l’humanité.

Tarantino n’hésite pas à montrer des esclaves torturés et humiliés par les blancs dans son film. Mais c’est aussi une manière pour le réalisateur d’éclairer les spectateurs sur les mentalités arrêtées des esclavagistes et leur racisme.

« Le scénario montre la vie des esclaves dans le sud. On ne peut que détester les blancs dans ce film » (Sandra, secrétaire, 45ans).

Le réalisateur fait de son film de cow-boy une œuvre engagée contre le racisme. Tarantino lui-même, explique que son film est plus « southern » que western. Il transpose l’univers du western dans le contexte sudiste. Car les héros quittent l’ouest sauvage pour se plonger dans le Bayou de la Louisianne.  Valentin Faveau, créateur du site http://www.tarantinofiction.com/ explique:

“le but n’était pas de créer un spectacle violent, mais de dénoncer les horreurs de l’esclavage. Il permet aussi de relancer les discussions sur un sujet que les Etats-Unis cherche souvent à éviter».

Car « Django Unchained » est un film efficace avec sa dose d’action, de romance, de suspens et de voyage. Mais le public américain est plus sensible aux problèmes raciaux. Par exemple, l’usage du « N- Word » est très problématique dans les medias. Ou encore, lorsque le film « Intouchables » de Olivier Nakache fut exporté en Amérique. Les critiques se sont alors enflammées sur la mise en image moderne du stéréotype du servant noir, venant obligatoirement d’un milieu défavorisé. Pour Tarantino,  ses films jouent avec la censure et l’opinion publique. Par ailleurs, les rôles noirs dans les films de Tarantino deviennent souvent des icônes. Il symbolise une profonde liberté et un détachement de toute critique raciale.  On pense à Jackie Brown, Marsellus Wallace de « Pulp Fiction » ou Jungle Julia dans « Boulevard de la Mort ». Valentin Favreau précise :

« C’est pour lui (Tarantino) d’abord un hommage aux Blaxploitations, populaires dans les années 70, et dont le réalisateur est fan. »


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