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La littérature de l’écran

Oyez, oyez ! En 2015, Paris 8 célèbre le web 2.0. L’occasion d’exposer des œuvres numériques programmées, en provenance du monde entier. Et de rappeler le rôle joué par l’Université dans cette discipline. 

Boris Vian est le premier à avoir popularisé le mythe du « robot-poète ». Un robot capable de concevoir de la poésie ? Déjà à la fin du XXe siècle, l’idée a suscité la méfiance. Aujourd’hui, exit le mythe, place à la réalité et à la littérature numérique du XXIe siècle.

La littérature numérique, qu’est ce que c’est?

Aussi appelée “littérature de l’écran”, elle désigne toute forme narrative ou poétique qui utilise exclusivement l’informatique comme medium. Sa spécificité, mais aussi l’origine des critiques à son égard : les modifications qu’elle apporte à l’écriture, à la lecture et au texte lui même.

Le dispositif informatique est ici une révolution. Il met à disposition de la littérature des propriétés qui lui étaient jusqu’alors inconnues, telle l’interactivité.

 

La littérature numérique voit le jour en 1952. Un an plus tard, Boris Vian pose avec Gustave le robot. Une belle illustration de sa nouvelle futuriste La peur des modernes, dans laquelle il popularise le mythe du "robot-poète". Exposition "Présence du Futur" (1953)

La littérature numérique voit le jour en 1952. Un an plus tard, Boris Vian pose avec Gustave le robot. Une belle illustration de sa nouvelle futuriste La peur des modernes, dans laquelle il popularise le mythe du “robot-poète”. Exposition “Présence du Futur” (1953)

 

De façon plus concrète, la littérature numérique affectionne la poésie pour la réinventer. Le contrat de lecture traditionnel entre l’auteur et le lecteur prend la dimension du 2.0. Grâce au digital, le texte se fragmente et se déstructure par morceaux. Il donne à la poésie des allures de jeu, dont la grammaire n’est plus la règle fondamentale. Un exemple ici: Poème “Marelle”, fragment du discours amoureux.

 

Surmonter son pessimisme

Cependant, il faut tout de même se confronter à quelques barrières, pour accéder à ce contenu ludique. Dépasser l’aspect déstabilisant de l’outil technologique et accepté que la poésie ne soit plus seulement une activité réservée à l’homme. Réprimer l’étrangeté du contact froid avec la souris de l’ordinateur, là où l’on s’attendrait au toucher d’ un papier mat, à grain ou brillant. Ou encore supporter le poids du casque audio, nécessaire à la lecture – sinon l’écoute – de certaines œuvres.

Enfin, et c’est la routine à Paris8, s’armer de patience face à un matériel universitaire vétuste, qui peine à fonctionner.

Les a priori laissent finalement place à une expérience multimédia interactive et plaisante. Les ordinateurs sont depuis longtemps nos alliés du quotidien.On navigue instinctivement de la toute première œuvre numérique, fondée sur du texte (Christophe Strachey, Love Letters, 1952) à des œuvres plus actuelles d’étudiants et professeurs de Paris 8 (Philippe Bootz, Petits poèmes à lecture inconfortable).

 

Cette forme littéraire singulière pose tout de même des interrogations : Qui est le véritable auteur de cette œuvre hybride, la machine qui exécute ou le concepteur du programme ? Jusqu’à quel point le lecteur est encore libre de sa lecture,celle-ci s’étant affranchie du sens et des règles de lecture et d’écriture traditionnelles ? L’expression « littérature numérique » se rapporte t’elle à un genre nouveau ou est-ce une expression purement marketing ?

Victor VIGOUREUX

 

 

 

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