Cinema / Reportage en français

Comment l’angoisse s’installe dans Maryland

Alice Winocour propose un nouveau film fort. Un thriller psychologique qui baigne dans une atmosphère angoissante.

Pour un soldat, la guerre ne cesse jamais vraiment. C’est du moins ce qu’Alice Winocour, réalisatrice française à l’origine d’Augustine, un film psychologique à l’image de Maryland, nous montre à travers le personnage de Vincent. Soldat de retour d’Afghanistan, il souffre de troubles post-traumatiques.

rzhpg

Matthias Schoenaerts et Diane Kruger se donnent la réplique dans ce thriller angoissant. 2015 © DHARAMSALA ET DARIUS FILMS

Ces angoisses se traduisent par des hallucinations aussi fréquentes que poignantes. Elles le contraignent donc à rester en France, sans savoir s’il pourra retourner au front comme il le souhaite.

En attendant, il accepte un poste de garde du corps pour la femme et l’enfant d’un riche homme d’affaires libanais. Son employeur se révèle finalement être un trafiquant d’armes.

D’abord animé par son sens du devoir, Vincent va peu à peu s’attacher à Jessie, cette femme belle et mystérieuse, et à l’enfant.

oifzh

Vincent va peu à peu s’attacher à Jessie et à l’enfant. 2015 © DHARAMSALA ET DARIUS FILMS

 

Ses angoisses vont alors se transformer en peur constante pour ses protégés. Mais la paranoïa continue de Vincent, accentuée par un jeu d’acteur vibrant, va finalement se révéler justifiée.

Des plans en caméra à l’épaule accentuent la sensation de malaise pesant sur Maryland. La caméra est du côté du militaire. Celle-ci nous traduit et nous transmet les angoisses de l’homme sans nous les expliquer.

La bande son intensifie la sensation de malaise qui règne sur Maryland. Cette villa paradisiaque du sud de France prend rapidement un air de huit clos claustrophobique.

Le jeu d’acteur et l’atmosphère qui se dégagent du film compensent le manque de profondeur de l’histoire. Celle-ci relève du déjà-vu et se clôt en une queue de poisson frustrante. Cela laisse penser que la réalisatrice s’est concentrée exclusivement sur l’ambiance, négligeant l’intrigue. Mais lorsque l’on se détache de cet aspect, Maryland n’en est pas moins un film qui vaut la peine d’être regardé.

L’angoisse pèse sur ce thriller aux airs de huit clos claustrophobique. 2015 © DHARAMSALA ET DARIUS FILMS

Après De rouille et d’os en 2012, Matthias Schoenaerts relève encore le défit de transmettre de l’émotion à travers l’écran sans tomber dans le pathétique. Diane Kruger, jouant le rôle de l’épouse du riche libanais, fait elle aussi preuve de justesse dans ce climat oppressant.

C’est sûrement la combinaison des deux qui a valu à Maryland d’être nominé pour la sélection Un Certain Regard à Cannes cette année.

Quand les lumières s’allument, la tension qui s’est progressivement installée pendant une heure et demi est relâchée d’un coup. Le spectateur est laissé un peu hagard et étourdi, mais confiant quant à l’avenir des personnages. Confiant également concernant le prochain film d’Alice Winocour, qui promet une fois encore, sinon de nous plaire, au moins de nous transporter.

Claire Huchin

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s